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Quand les séries télévisées s’emparent de la transformation urbaine…Ville perdue?

kayipsehir

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Pour la dernière fois, le 26 mars 2013, a été diffusé sur la chaîne Kanal D un épisode du feuilleton télévisé turc « ville perdue » (Kayıp şehir) ; l’occasion de revenir sur la fabrique symbolique du quartier à travers les séries télévisées et plus précisément sur leur nouveau sujet de prédilection : la transformation urbaine d’Istanbul.

Depuis le milieu des années 1980, et la première série Perihan Abla qui connu un succès tel qu’une des rues du quartier de Kuzguncuk, dans lequel elle a été tournée, a été renommée depuis du nom de la série, le quartier (mahalle) est le décor et à la fois le sujet récurrent des séries télévisées turques. En effet, nombreuses sont les séries qui prennent pour cadre un quartier précis d’Istanbul : Perihan Abla-Kuzguncuk, Süper baba-Çengelköy, Babaevi-Emirgan, Ikinci Bahar-Samatya, Avrupa Yakası-Nişantaşı, et enfin Kayıp şehir-Tarlabaşı. Par ailleurs, dans la série, Mahallenin muhtarları, le quartier n’était pas identifié ainsi que dans les récentes séries Cennet Mahallesi (le quartier du paradis) qui se déroule quelque part dans les quartiers périphériques d’Istanbul et Ağır Roman Yeni Dünya dans le quartier de Choléra, une version mythifiée du quartier de Dolapdere (voir le Dipnot de Timour Muhidine).

Selon Hulya Tufan Tanriöver, la présence pesante de la famille et du mahalle dans les feuilletons turcs peut s’expliquer par une certaine commodité technique spécifique au genre. En effet, les feuilletons nécessitent des lieux où les personnages peuvent se rencontrer d’une manière aussi réaliste et naturelle que possible. Le mahalle est également un contexte idéal pour la structure narrative parce qu’il offre la possibilité de passer de l’intérieur à l’extérieur, du privé au public (et vice-versa) sans coupure dans l’imaginaire du téléspectateur. En ce sens, le quartier constitue l’unité de lieu parfaite pour la dramaturgie des feuilletons turcs.

Outre cette commodité technique, en choisissant le thème du quartier, les producteurs de séries alimentent un nouveau regard porté sur le quartier. En effet, depuis une voire deux décennies, le recours à la référence du quartier est de plus en plus perceptible à Istanbul. Dans cette ville qui enregistre officiellement quinze millions d’habitants, l’imaginaire du quartier en tant qu’espace de proximité et de cordialité préservé de la modernité inhospitalière et de l’anonymat de la grande ville est activé. Cette activation symbolique se fait principalement par le biais des productions littéraires et télévisuelles et sert également les édiles municipaux qui veulent faire des quartiers centraux un lieu stratégique pour la finance et le tourisme.

Les séries contribuent donc à produire et à reproduire l’imaginaire du quartier qui se décline sur plusieurs chaînes et à toutes les plages horaires à tel point que le sociologue Tayfun Atay dans une récente interview donnée à HaberTurk parle de « televizüel mahalle baskısı » (pression télévisuelle du quartier).

Si le quartier est un des thèmes majeurs des séries télévisées depuis le milieu des années 1980, le fait qu’elles se soient récemment emparées du sujet de la transformation urbaine est en revanche une grande nouveauté.

Le 14 septembre 2012, une nouvelle série était diffusée sur les écrans. Du nom de « ville perdue », la série décrivait l’histoire de la famille Toptaş arrivée de Trabzon et installée dans le quartier de Tarlabaşı habité par des travestis, des çingene et connu pour ses problèmes de violence, notamment chez les enfants. La série a commencé à être diffusée tous les vendredi soirs à 22h30 puis a changé de plage horaire pour être retransmise les lundi matins. Puis, à la fin du mois de janvier, mécontent des changements d’horaires et du peu d’audience que récoltait la série, le réalisateur Cevdet Mercan quitte le projet. Au bout de seize épisodes, la série s’arrête donc. Il est difficile d’expliquer le peu de succès qu’a rencontré la série. De la même manière, que pour les mall qui, à Istanbul, se multiplient à une vitesse ahurissante, les nouvelles séries auraient-elles une durée de vie médiatique réduite au temps de leur lancement ? Autrement dit, l’effet de mode passé, la série s’essoufflerait.

Quelles que soient les raisons de son insuccès, et hormis le fait que prendre un sujet aussi sensible et le transformer en potentielle réussite économique dans le marché des dizi soit critiquable, c’est le choix du calendrier qui surprend. En effet, au moment même où le quartier de Tarlabaşı est un chantier à ciel ouvert, duquel ses habitants ont été déplacés ; au moment même où toute la nouvelle terminologie du renouvellement urbain promu par la municipalité (« Yenileme », « Guzelleştirme », « Kentsel Dönüşüm », « kentsel tasarım », « düzenleme », « restorasyon », « renovasyon », « modernleştirme ») sont autant de mots qui cachent une résolution de mettre à l’écart des populations considérées comme dangereuses, la série fait de Tarlabaşı un quartier qui appartient déjà au passé, « ville perdue ». Pas étonnant que le scénariste de la série soit Tomris Giritlioğlu, une productrice de cinéma qui aimait déjà traiter du passé, notamment dans son film sur les événements de 1955 (Güz Sancısı).

Dans une mauvaise concomitance donc, la série banalise et normalise le projet de transformation urbaine et réécrit l’histoire du quartier à peine détruit par les bulldozers. Dernière ironie du scénario, un des caractères principaux s’appelle Kadir Toptaş, à une lettre près comme le maire d’Istanbul (Topbaş).

Enfin la suppression de cette série suit également l’arrêt d’une autre série qui adapte sur les écrans télé le roman du récemment disparu Metin Kaçan, Ağır Roman. À croire que la transformation urbaine ne fait pas rêver les familles.

Osmanlı İmparatorluğu’nda kadın ve cinsiyet çalışmaları

Version française

Nisan 2013

1970 ve 1980li yıllarda Amerikalı akademisyenlerin başını çektiği cinsiyet çalışmaları ile kadın çalışmaları, uluslararası planda güçlü bir gelişme kaydetmiştir. Ancak bugün bile, bu çalışmaların araştırma konuları hakkında karışıklık sözkonusudur. Women studies ya da kadın çalışmaları, özellikle kadınların bulundukları koşulları araştırmayı amaçlamaktadır – ve kadın çalışmaları ile feminist çalışmalar arasındaki sınır bir hayli incedir. Cinsiyet çalışmaları ya da gender studies, cinsiyetler arası ilişkileri ele alır. Cinsiyet kavramı burada biyolojik değil kültürel açıdan işlenir. Hatta Simone de Beauvoir’ın meşhur cümlesi « Kadın doğulmaz, kadın olunur », bu fikri gayet iyi özetler. Beauvoir’ın bununla demek istediği kadın olmanın toplumla ilişki sonucu edinilmiş birtakım belirli davranışlar topluluğuna işaret etmesidir. Bu saptamadan yola çıkarak cinsiyet çalışmaları; kadın, erkek, hadım, transseksüel, zengin, yoksul, burjuva, işçi ya da soylu olsun; bireylerin davranışlarını belirleyen toplumsal ve kültürel verileri tanımlamaya çalışır. Burada önem, bir cinsin diğerleriyle ilişkisindedir çünkü her bir kişi başkalarına özellikle de karşıtına göre tanımlanır (kadınlık ancak erkekliğin ne olduğu ifadesiyle olan ilişkide, hadım olmak da erillik koşulları ile ilişkilendirilerek anlaşılır, bu örnekleri çoğaltmak mümkündür).

Osmanlı tarihi araştırmaları kadın ve cinsiyet çalışmalarından etkilenmemiş değildir. Önemli sayıda araştırma mevcuttur ancak bilimsel yayın diye geçen çatı altındaki derin eşitsizlikler can sıkıcıdır. Örneğin, kadın ve cinsiyet çalışmalarındaki metod ortaklığının gereksizce altının çizilmesi eğilimi eleştirilebilir. Sözkonusu araştırmaların göreceli önemi, bu çalışmaların başta birkaç Amerikan akademisyen ya da o modeli takip edenlerce gerçekleştirildiği gerçeğini de gözardı edemez. Kadın veya cinsiyet çalışmalarının bilimsel üretkenliklerinin henüz başında olmalarına rağmen yollarının sonuna vardıklarını duymak ilginçtir. Aslında, çalışmaların çoğunlukla kaynaklar nedeniyle birtakım imtiyazlı alanlara yoğunlaştığını saptamak da dikkat çekicidir. Böylelikle, kadı kayıtları veya fetva derlemelerinden faydalanarak, özellikle evlilik ve boşanma, varlık ve miras konuları bu araştırmalar için odak noktası olmuştur. İşlenen konular listesine siyasi ya da hayırsever roller ile köleliği ekleyebiliriz. Bu ayın vitrininde sergilenen eserler, (herhangi bir kapsam iddiasına düşmeksizin) sözkonusu alanda en önemli katkıları sağlamışlar arasında sayılıp yukarıda sayılan belirleyici özelliklerle kesişmektedir.

Femmes et genre dans l’Empire ottoman

Türkçe çeviri

Avril 2013

Nées dans les années 1970-80 sous la poussée des universitaires américains, les gender studies et women studies ont connu un fort développement international. Pourtant, aujourd’hui encore, des confusions existent concernant leur objet d’étude respectif. Les women studies ou études des femmes ont pour objectif un travail sur les conditions féminines en particulier – et la frontière entre ces travaux et les études féministes (feminist studies) demeure très fine. Les études sur le genre ou gender studies ont pour vocation d’étudier les relations entre les sexes. La notion de sexe n’est alors pas considérée sous son aspect biologique, mais culturel. La célèbre phrase de Simone  de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient » résume d’ailleurs parfaitement l’idée : elle entend par là qu’être femme renvoie à tout un univers comportemental codifié, acquis socialement. Partant de cette constatation, les travaux sur le genre cherchent à déterminer les données socio-culturelles qui définissent les comportements des individus, qu’ils soient hommes, femmes, eunuques, transsexuel(le)s, mais aussi riches ou pauvres, bourgeois, prolétaires ou aristocrates, etc. L’accent est mis sur les relations d’un « genre » avec les autres, car chacun se définit par rapport aux autres, tout particulièrement son opposé (être femme ne peut se comprendre que dans un rapport à ce que signifie être homme ; être eunuque, dans une relation avec la condition masculine et la condition masculine, et ainsi de suite).

Le domaine des études ottomanes n’a pas échappé à l’attrait des études sur les femmes et le genre. Les travaux ont été nombreux, mais on peut déplorer l’existence d’inégalités profondes dans la production scientifique faite sous ce label. On reprochera notamment la tendance à voir dans les études sur les femmes et celles sur le genre une équivalence méthodologique qui n’a pas lieu d’être. L’importance relative de la production ne saurait non plus dissimuler le fait qu’elle demeure principalement l’œuvre de quelques universitaires américains ou formés selon ce modèle. Il est fort surprenant d’entendre dire que les women ou gender studies auraient épuisées leurs capacités de production d’un savoir scientifique, alors même qu’elles n’en sont qu’à leur début. De fait, il est remarquable de constater que les travaux se sont concentrés principalement sur certains terrains privilégiés, du fait des sources bien souvent. Ainsi, ce sont surtout les questions de mariages et de divorces, de détention de biens et d’héritages, qui ont bénéficié de la plupart des attentions, grâce à l’usage des registres de cadi ou des compilation de fatwa. On ajoutera à la liste les réflexions sur le rôle politique ou philanthropique et sur l’esclavage. Les ouvrages exposés ce mois-ci en présentoir, qui comptent parmi les contributions les plus significatives dans le domaine (sans prétendre à une quelconque exhaustivité), recoupent les spécificités susdites. 

  • PEIRCE Leslie P.,  The Imperial Harem : Women and Sovereignty in the Ottoman Empire
  • ZILFI Madeline C. (ed.),  Women in the Ottoman Empire : Middle Eastern Women in the Early Modern Era
  • FAROQHI Suraiya,  Stories of Ottoman Men and Women : Establishing Status, Establishing Control
  • DAVIS Fanny, The Ottoman Lady : A Social History from 1718 to 1918
  • PRÄTOR Sabine, NEUMANN Christoph K. (eds.),  Frauen, Bilder und Gelehrte : Studien zu Gesellschaft und Künsten im Osmanischen Reich / Arts, Women and Scholars : Studies in Ottoman Society and Culture : Festschrift Hans Georg Majer : Band / Volume I, Volume II
  • KARAKIŞLA Yavuz SelimWomen, Women, War and Work in the Ottoman Empire: Society for the Employment of Ottoman Muslim Women 1916-1923
  • ZILFI Madeline C.,  Women and Slavery in the Late Ottoman Empire, the design of difference
  • BUTUROVİÇ Amila, SCHICK Irvin Cemil,  Women in the Ottoman Balkans. Gender, Culture and History
  • ŞENOCAK-THYS Lucienne,  Ottoman Women Builders. The architectural Patronage of Hatice Turhan Sultan
  • PEIRCE Leslie,  Morality Tales : Law and Gender in the Ottoman Court of Aintab
  • ESPOSITO L. John,  Women in muslim family law
  • DEAL Roger A.,  Crimes of Honor, Drunken Brawls and Murder – Violence in Istanbul Under Abdülhamid II
  • DURAN Tülay (éd.), Tarihimizde Vakıf Kuran Kadınlar : Hanım Sultan Vakfiyyeleri /  Deeds of Trust of the Sultans Womenfolk / Actes de fondation de Sultane Hanım
  • SÖNMEZ Emel, Turkish Women in Turkish Literature of the 19th Century
  • RUGGLES Fairchild (éd.), Women, Patronage, and Self-Representation in Islamic Societies
  • DURSTELER Eric R., Renegade Women, Gender, Identity, and Bounderies in the Early Modern Mediterranean
  • TUCKER Judith E.,  Women, Family and Gender in Islamic Law
  • KEDDIE N.R., BARON B. (éds.), Keddie, Women in the Middle Eastern
  • MONTAGU Lady Mary, L’islam au péril des femmes : Une Anglaise en Turquie au XVIIIe siècle
  • SAKAOĞLU Necdet,   Bu Mülkün Kadın Sultanları, Vâlide Sultanlar, Hâtunlar, Hasekiler, Kadınefendiler, Sultanefendiler
  • ULUÇAY Çağatay, Harem II
  • ULUÇAY Çağatay, Padişahların kadınları ve kızları
  • AKGÜNDÜZ Ahmet, İslâm hukukunda kölelik-câriyelik müessesesi ve Osmanlı’da harem
  • HANOUM Leïla, Le harem impérial et les sultans au XIXe siècle
  • PENZER N.M., The Harem : An Account of the Institution as it Existed in the Palace of the Turkish Sultans with a History of the Grand Seraglio from its Foundation to the Present Time
  • SCHNEIDER Marcel, EVIN Alpay, Le harem impérial de Topkapı
  • ANHEGGER-EYÜBOĞLU Mualla,  TopkapıSarayında Padişah Evi (Harem) 

Jérome Cler – Turquie. Cérémonie de Djem Bektashi – La tradition d’Abdal Musa

djem_bektashi_cdTurquie. Cérémonie de Djem Bektashi - La tradition d'Abdal Musa
Turkey. The Ceremony of the Bektashi Djem. The Tradition of Abdal Musa
Ocora-Radio France
Harmonia Mundi distribution
ref C 560248

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À la fois liturgie commémorant les récits fondateurs de la foi des bektashis et agape fraternelle réunissant toute la communauté, la cérémonie de djem est aussi le temps transfiguré de la danse sacrée du semah et de la poésie chantée accompagnée au luth saz ; la musique, profondément écoutée et lien entre tous, imprègne tout le rituel.

Si les rituels ont eu tendance à s’uniformiser, à partir des centres urbains, Istanbul surtout, les enregistrements présentés ici montrent la grande vivacité d’une tradition locale, résistant à toute standardisation… Ce qui fait l’unité globale du rituel, et qui consacre le temps du djem comme un temps transfiguré, c’est la musique, la permanence de la poésie chantée. Comme on l’entend parfois dans ce CD, le chanteur continue à jouer son saz jusqu’à la fin des prières prononcées par le baba : il ne s’agit pas de faire silence pour entendre la prière, au contraire de chez les sunnites.

La musique est toujours présente comme l’âme des mots qu’elle véhicule ou accompagne : elle est profondément écoutée pendant les djem, elle est le lien entre tous, dans le sens où des distiques, des quatrains, peuvent être cités, chantés, en toute occasion de la vie quotidienne.


Bektaşi Cem Töreni. Abdal Musa geleneği

Cem töreni, Bektaşilerin kurucu hikayeleri anısına yapılan ve cemaati yemek etrafında bir araya getiren hem bir dini ayin hem de kutsal Sema dansı ve saz eşliğinde şiirlerin okunduğu değişik bir andır ; ilgiyle dinlenilen ve herkesin arasında bağ kuran müzik, tüm ayini işlemektedir.

Bu ayinler özellikle İstanbul gibi şehir merkezlerinden yola çıkınca tekdüzelik gösterme eğiliminde olsa da sunulan kayıtlar tüm standartlaşmaya direnç gösteren yerel bir geleneğin çeşitliliğini göz önüne sermektedir… Ayinin genel bütünlüğünü bu sağlamakta olup, şiirin sürekliliği ve müzik de anı değiştirmektedir. Bu cd’de duyabileceğiniz gibi sazı çalan, babanın okuduğu dualara sazıyla sonuna kadar eşlik etmektedir: burada Sünniler’in tersine duayı dinlemek için sükut etmek söz konusu değildir.

Müzik ilettiği ya da eşlik ettiği kelimelerin ruhu gibi her yerdedir : cem sırasında dikkatlice dinlenir, günlük hayatta her fırsatta beyit ve dörtlükler okunup söylendiği için müzik herşeyin arasındaki bağdır.

Türkiye – Yayla havaları

Türkiye’nin güney batısında köylerde türlü boyutlarda saz, keman ve sipsi eşliğinde çalınan bu kutlama havaları, köy topluluklarının çekici müzik dünyalarını açığa çıkarmaktadır.

Recherche et photographie

Évolutions politiques, identité nationale, conflits sociaux, mythes collectifs … Nombreux sont les photographes qui font le choix d’une photographie du témoignage, une photographie documentaire. Les dynamiques du monde artistique sont, dans une certaine mesure, aléatoires. Si certains sont exposés dans des galeries et musées référencés, d’autres sont parfois plus difficiles à dénicher.

Dans leur démarche, les photographes ne sont pas si différents des chercheurs. Au-delà du témoignage, et de l’iconographie, l’activité photographique fournit également une réflexion sur la posture, le positionnement, le point de vue. Parfois simple observation, le projet photographique peut se révéler être une véritable investigation, aux découvertes parfois dérangeantes.

Au vu de la photographie en Turquie et sur la Turquie, il est frappant de constater combien, entre recherche et photographie, les thématiques se recoupent.

C’est pour mieux construire un pont entre ces deux univers que commence à s’établir cette liste de références de lieux, de noms et de sites Internet. Non-exhaustive, elle appelle à venir être complétée et régulièrement mise à jour.

Agences et Photographes de Turquie

Photographes étrangers :

Lieux d’exposition (İstanbul):

Musées

İnstitutions

Galeries

Fondations, associations et collectifs

Cafés, Bars

Revues, Magazines

Sites İnternet, Blogs

Universités – départements de photographie

Photographie et Sciences sociales

Le commerce : Un objet d’étude multiforme et pluridisciplinaire

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Mars 2013

« Les clients continuent à venir chez moi car chez DIA, on fait passer les produits à la caisse et on ne dit que bonjour et au revoir. Ici, les gens me connaissent, ils prennent le temps de discuter. »

Ces paroles d’un épicier de Tophane illustrent le fait que le local commercial, lieu d’échanges de nature économique, est également un espace traversé de relations interpersonnelles variées ; la discussion avec un commerçant peut donner lieu à un échange d’informations, la sélection de tel ou tel lieu pour faire ses achats peut résulter de choix identitaires… Ces critères de choix associés à la recherche du moindre coût, à l’accessibilité des lieux et à la nature de l’offre donnent lieu à la création de territoires de consommation révélant l’évolution du profil social et de la structure urbaine des territoires d’Istanbul.
 Le commerce comme objet d’étude a un intérêt particulier à Istanbul, qui fut tout au long de son histoire une plaque tournante du commerce dont l’importance et l’ancienneté est encore visible dans le tissu urbain, notamment au sein de la péninsule historique. Le Grand Bazaar, parfois considéré comme le premier exemple de centre commercial (Rem Koolhaas), ou encore les han, ces ensembles de locaux commerciaux situés à Eminönü depuis le début de l’Empire ottoman, pouvant tout à la fois jouer le rôle d’atelier de production et de lieu de vente, témoignent du riche passé commerçant de la ville.
Aujourd’hui, Istanbul constitue un bassin de quatorze millions de consommateurs (auxquels s’ajoutent les neuf millions et demi de touristes annuels (chiffre de 2011)) établis sur un territoire en forte croissance spatiale. Portées par ces dynamiques, la quantité et la variété des formes de commerce ont considérablement augmenté depuis les années 1990. Aux petits commerces (épiciers, vendeurs de fruits…), vendeurs ambulants et marchés fermés ou ouverts se sont ajoutées des formes variées de lieux de consommation ; les centres commerciaux (dont le premier, Galleria, a été inauguré en 1988), les supermarchés et hypermarchés (arrivée de Carrefour en 1993 sur la rive asiatique), les surfaces spécialisées (Bauhaus, enseigne spécialisée dans le bricolage implantée en 1996 à côté du premier Carrefour), marques discount, enseignes franchisées, petits formats des grandes marques tels Carrefour Express… Le commerce est de plus en plus multiforme, favorisant les compétitions mais aussi les complémentarités. Cette progression de l’offre commerciale est parfois particulièrement intense; les AVM (alışveriş merkezi, centre commercial) sont non seulement présents en quantité (en 2010, le nombre des AVM achevés dans le département d’Istanbul était estimé à quatre-vingt-seize par l’Association des Investisseurs en Centres Commerciaux (AYD)) mais servent également d’outils à l’urbanisme. Supports du marketing urbain, ils sont très souvent associés aux projets résidentiels ou mixtes dont ils constituent parfois le fer de lance. Ainsi, le commerce était et devient encore davantage un élément central des projets urbains, particulièrement omniprésent à Istanbul.

Ainsi, une première série d’ouvrages reviendra sur les formes historiques du commerce stambouliote en revenant sur l’histoire des commerçants, des marchés et des han.
Une deuxième série d’ouvrages et d’articles illustre la variété des formes du commerce à Istanbul, du Grand Bazar (Story of Grand Bazaar, Çelik Gülersoy), aux vendeurs informels (Marchands de rue à Istanbul, Présence urbaine d’une offre commerciale en perpétuelle recomposition spatiale, Joël Meissonnier) en passant par les centres commerciaux (The shopping mall as an emergent public space in Turkey, Erkip) et les épiciers (journal de la chambre de commerce des épiciers).
Une troisième série de livres et d’articles se propose de fournir des exemples de travaux explorant le commerce, le commerçant et les pratiques de consommation comme des objets d’étude qui cristallisent et provoquent un certain nombre de dynamiques économiques, sociales et urbaines. La sélection ne s’est pas limitée au cas d’Istanbul mais a tenté de rendre compte avant tout de la richesse de cette approche en laissant la place à des ouvrages théoriques tels les travaux de Daniel Miller, un anthropologue qui a étudié pendant un an les pratiques de consommation d’une rue londonienne.

Ce présentoir, sans être exhaustif, souhaite illustrer à travers une variété de supports (articles, magazines, livres, thèses) et d’approches (études de cas, romans, ouvrages théoriques) les formes diverses que peuvent prendre les espaces de l’échange commercial et l’intérêt de leur analyse pour la compréhension de phénomènes de nature économique, sociale et urbaine, sur les territoires urbains en général et à Istanbul en particulier.

Liste des ouvrages sélectionnés pour le présentoir

  • CEZAR, Mustapha, (1985), Tipik yapılariyle Osmanlı şehirciliğinde çarşı ve klasik dönem imar sistemi,  MSÜ Mimarlık Fakültesi
  • BECH, Victoire, (2010), L’incidence de la gentrification sur la vie nocturne du quartier Tünel Asmalimescit à Beyoglu (Istanbul), enquête de terraindans le cadre du Séminaire sur la Turquie contemporaine, à l’Institut français des études anatoliennes d’Istanbul (IFEA)
  • DESSE., R-P, FOURNIE, A., GASNIER A., LEMARCHAND, N., METTON., A., SOUMAGNE., J., (sous la direction de), (2008), Dictionnaire du commerce et de l’aménagement, Rennes, Presses Universitaires de Rennes.
  • ERKIP, F., (2003), « The shopping mall as an emergent public space in Turkey », Environment and Planning A, 2003, volume 35, pp. 1073-1093.
  • HARİS, Exertzoglou,(2003),  “The cultural uses of consumption: Negotiating class, gender, and nation in the ottoman urban centers during the 19th century” Int. J. Middle East Stud. 35
  • FİDAN, Mehmet Sadettin, (2009), Geçmişten günümüze Türk hanları, İstanbul Tıcaret odası
  • FOX Richard, T. LEARS, Jackson Editors (1983), The Culture of Consumption: Critical Essays in American History,1880-1980,
  • GÜLERSOY Çelik, (1990), Story of the Grand Bazaar, Istanbul Kitaplığı
  • GÜNDÜZ Özdeş, (1998), Türk çarşıları, Tepe yayıları.
  • İLKUÇAN, Altan, Gentrification, community and consumption: Constructing, conquering and contesting “the Republic of Cihangir”, Master of science in business administration in the department of management of Bilkent university, Ankara
  • İSTBAKO, Revue Bakkal Dünyası, (juillet-aout 2008) n°8
  • KOÇU, Reşad ekrem, (2002), Tarihte İstanbul esnafı, Doğan Kitapçılık
  • LEHMAN-FRISCH, Sonia, CAPRON, Guénola,  « Le sentiment de quartier en milieu gentrifié : de San Francisco à Bogotá », Le quartier, Collection Recherche, La Découverte, (2007)
  • MEISSONNIER, J., (2006), Marchands de rue à Istanbul, Présence urbaine d’une offre commerciale en perpétuelle recomposition spatiale, Les dossiers de l’Ifea (série : la Turquie aujourd’hui), n°19.
  • MILLER Daniel, « Une rue du nord de Londres et ses magasins : imaginaire et usages »,
    Ethnologie française, 2005/1 Vol. 35, p. 17-26. DOI : 10.3917/ethn.051.0017
  • İSTOÇ, Plaquette de promotion projet commercial
  • Revue Urbanisme (2011), «  Le centre commercial contre la ville ? », n°377
  • SHIELDS Rob, (1992), Lifestyle Shopping, The subject of consumption, The international library of Sociology
  • TANATAR-BARUH, Lorans,(1993), Study in Commercial Life and Practices in Istanbul at the Turn of the Century : The Textile market, I and II, BA in Economics : Boğaziçi University
  • UNDERHILL, P. 2004. Call of the Mall: The Geography of Shopping. Simon & Schuster.
  • ZOLA, Au bonheur des dames, Folio Classique

Aylin de Tapia (trad.) – Mustafa Tchokaï : Une vie pour l’indépendance du Kazakhstan

Kara Abdulvahap
Mustafa Tchokaï, Une vie pour l'indépendance du Kazakhstan
(traduit du turc par Aude Aylin de Tapia)
L'Harmattan, 2013
La France tient une place particulière dans l’histoire de l’indépendance du Kazakhstan. La cause en est qu’entre 1921 et 1941, Mustafa Tchokaï a engagé sa vie en menant la lutte à Paris pour obtenir l’indépendance d’un futur Kazakhstan hors de l’Union soviétique. Avec la Révolution d’Octobre 1917 et la fin de la Russie tsariste, les peuples bachkir, kazakh, ouzbek, kirghize, tatar et turkmène, ont tenté de créer leur état national alors que naissait en Russie l’espoir d’une construction démocratique. Parmi eux, les Kazakhs, avec le gouvernement national Ala(…) Orda d’Orenbourg, et les Ouzbeks, se sont unis pour former à Khokand le gouvernement du Turkestan. Mustafa Tchokaï y occupa le poste de Premier ministre. Après la chute, provoquée par les bolcheviks, de ce gouvernement et son départ pour l’Europe, sa lutte politique a continué en France aux côtés de démocrates russes comme A. Kerensky et P. Milioukov. La France, en offrant à Mustafa Tchokaï un cadre favorable pour ce combat, est devenu sa seconde patrie jusqu’aux débuts de la seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi, alors que la menace nazie se précisait, il n’a pas quitté Paris pour aller aux Etats-Unis comme d’autres réfugiés venus de Russie, préférant partager les difficultés des Français. Mais, arrêté en juin 1941 par les Nazis occupant la France, il est mort à Berlin le 27 décembre de la même année. Le nom de de Mustafa Tchokaï a été donné à un square de Nogent-sur-Marne, où il vécut de 1923 à 1941. L’ouvrage n’est pas seulement utile à ceux qui s’interessent à l’histoire de l’Asie centrale, il s’adresse à toute personne curieuse de faire la rencontre d’une personnalité hors du commun.

Abdulvahap Kara, Professeur d’histoire à l’université Mimar-Sinan d’Istanbul, travaille sur l’histoire de l’Asie centrale et du Kazakhstan ainsi que sur les figures des intellectuels centrasiatiques émigrés vers la Turquie ou les pays d’Europe occidentale. Auteur de nombreux ouvrages, dont des traductions du kazakh au turc, il soutient activement le rapprochement des cultures turque et kazakhe.

Çok şekilli ve disiplinlerarası bir çalışma konusu olarak ticaret

Version française

Mart 2013

« Müşteriler bana gelmeye devam ediyorlar çünkü Dia’da ürünler kasadan geçirilip sadece merhaba ile güle güle deniliyor. Burada, insanlar beni tanıyor, benimle sohbet ediyorlar. »

Tophane’deki bir bakkalın bu sözleri, alışveriş yeri olan ticarethanelerin çeşitli kişilerarası ilişkilere de gebe bir mekan olduğunu, esnafla yapılan sohbetin bilgi sağlayıcı tarafını ve alışveriş yapılacak yerin seçiminin de birtakım seçimlerden doğduğunu göstermektedir… Düşük fiyat arayışı, ulaşım kolaylığı ve de arzın özelliklerine bağlı olan bu seçim kıstasları, İstanbul’un kentsel yapısı ve toplumsal profilinin göstergesi olan tüketim bölgelerini doğurmaktadır.

 Çalışma konusu olarak İstanbul ticarethaneleri ayrı bir önem teşkil etmektedir. Tarih boyunca bir ticaret merkezi olmuş İstanbul’un bu anlamda önem ve geçmişi halen kent dokusunda kendisi bilhassa tarihi yarımadada göstermektedir. Bazen ilk AVM örneği olarak kabul gören (Rem Koolhaas) Kapalı Çarşı ya da Osmanlı İmparatorluğu başından bu yana  Eminönü’nde konuşlanmış ticarethane toplulukları olan hanlar, hem üretim hem de satış mekanları olabilmeleri bakımından şehrin ticari geçmişinin zenginliğine işaret etmektedir.  

Bugün İstanbul kuvvetli bir mekansal büyüme bölgesine konuşlanmış on dört milyonluk tüketici havuzuna tekabül etmektedir ki buna yılda dokuz buçuk milyon turist (2011 sayımları) eklenmektedir. Böylesi bir hareketlilik sonucu, 1990lı yıllardan itibaren ticarethanelerin sayı ve çeşitleri ciddi şekilde artış göstermiştir. Küçük ticarethane (bakkal, manav), işportacı, açık ya da kapalı pazar yerlerine çeşitli tüketim mekanları katılmıştır ; AVMler (ilki 1988’de açılan Galleria), süper ve hiper marketler (1993’de Asya tarafına Carrefour’un gelişi), temalı gros marketler (1996’da ilk Carrefour’un yanına ‘kendin kur’ temalı Bahaus kuruluşu), indirim süpermarketleri, özel isim kullanma hakkı gerektiren markalar, Carrefour Express gibi büyük markaların küçük boyutluları gibi… Alışveriş mekanlarının giderek çokşekillileşmesi rekabet ve tamamlayıcılığı kuvvetlendirmektedir. Ticari arzın bu ilerleyişi bazen kuvvetli şekilde kendini gösterebilir ; AVMler (alışveriş merkezleri) yalnızca rakam bakımından öne çıkmakla kalmayıp (2010’da Alışveriş Merkezi Yatırımcıları Derneği İstanbul’da bitirilen AVM sayısının tahmini olarak doksan altıyı bulacağı belirtmiştir) ayrıca şehircilik alanında bir araç görevi de görmektedir. AVMler şehircilik pazarlamasının bir aracı olarak çoklukla toplu konut projelerinin en önemli unsuru olarak öne çıkmaktadır. Yani alışveriş mekanları kentleşme projelerinde eskiden oldukları gibi hatta bugün daha da fazla kilit unsur olarak İstanbul’un her yerinde karşımıza çıkmaktadır.

İlk eser seçkisi İstanbullu ticaretin tarihsel boyutu hakkında olup esnaf, pazar ve hanların tarihini ele almaktadır.

İkinci seçki İstanbul’daki esnaf dükkanlarının çeşitliliğini, Kapalıçarşı’dan (Story of Grand Bazaar, Çelik Gülersoy), işportacılara (Marchands de rue à Istanbul, Présence urbaine d’une offre commerciale en perpétuelle recomposition spatiale, Joël Meissonnier), AVMlerden (The shopping mall as an emergent public space in Turkey, Erkip) bakkallara (bakkallar odası gazetesi) değinerek göstermeyi amaçlamaktadır.

Üçüncü kitap ve makale seçkisi, bir takım ekonomik, toplumsal ve kentsel hareketlenmeleri ateşleyen ve oluşturan ve bir çalışma konusu olarak ele alınan dükkan, esnaf ve tüketim alışkanlıkları üzerine yapılmış çalışma örneklerini sunmayı amaçlamaktadır. Seçki yalnızca İstanbul ile sınırlı olmaktansa yöntemin zenginliğini ortaya koymak adına, antropolog Daniel Miller’ın bir yıl boyunca Londra’da bir sokakta tüketim alışkanlıklarıyla ilgili yaptığı çalışması gibi kuramsal çalışmalara yer vermek istemiştir.

Bu vitrin, gerek belge (makale, dergi, kitap, tez) gerekse yöntem (saha çalışması, roman, kuramsal eser) çeşitliliği sayesinde alışveriş mekanlarının bürünebileceği şekil ve genel olarak kent alanları ve özellikle İstanbul’da görünürleşen ekonomik, toplumsal ve kentsel olguları anlamak adına yapılan incelemeleri sunmaya bir kapsam iddası olmaksızın çalışmaktadır.

Vitrin için seçilmiş kitap listesi:

CEZAR, Mustapha, (1985), Tipik yapılariyle Osmanlı şehirciliğinde çarşı ve klasik dönem imar sistemi,  MSÜ Mimarlık Fakültesi
BECH, Victoire, (2010), L’incidence de la gentrification sur la vie nocturne du quartier Tünel Asmalimescit à Beyoglu (Istanbul), enquête de terraindans le cadre du Séminaire sur la Turquie contemporaine, à l’Institut français des études anatoliennes d’Istanbul (IFEA)
DESSE., R-P, FOURNIE, A., GASNIER A., LEMARCHAND, N., METTON., A., SOUMAGNE., J., (sous la direction de), (2008), Dictionnaire du commerce et de l’aménagement, Rennes, Presses Universitaires de Rennes.
ERKIP, F., (2003), « The shopping mall as an emergent public space in Turkey », Environment and Planning A, 2003, volume 35, pp. 1073-1093.
HARİS, Exertzoglou,(2003),  “The cultural uses of consumption: Negotiating class, gender, and nation in the ottoman urban centers during the 19th century” Int. J. Middle East Stud. 35
FİDAN, Mehmet Sadettin, (2009), Geçmişten günümüze Türk hanları, İstanbul Tıcaret odası
FOX Richard, T. LEARS, Jackson Editors (1983), The Culture of Consumption: Critical Essays in American History,1880-1980,
GÜLERSOY Çelik, (1990), Story of the Grand Bazaar, Istanbul Kitaplığı
GÜNDÜZ Özdeş, (1998), Türk çarşıları, Tepe yayıları.
İLKUÇAN, Altan, Gentrification, community and consumption: Constructing, conquering and contesting “the Republic of Cihangir”, Master of science in business administration in the department of management of Bilkent university, Ankara
İSTBAKO, Revue Bakkal Dünyası, (juillet-aout 2008) n°8
KOÇU, Reşad ekrem, (2002), Tarihte İstanbul esnafı, Doğan Kitapçılık
LEHMAN-FRISCH, Sonia, CAPRON, Guénola,  « Le sentiment de quartier en milieu gentrifié : de San Francisco à Bogotá », Le quartier, Collection Recherche, La Découverte, (2007)
MILLER Daniel, « Une rue du nord de Londres et ses magasins : imaginaire et usages »,
Ethnologie française, 2005/1 Vol. 35, p. 17-26. DOI : 10.3917/ethn.051.0017
İSTOÇ, Plaquette de promotion projet commercial
Revue Urbanisme (2011), «  Le centre commercial contre la ville ? », n°377
SHIELDS Rob, (1992), Lifestyle Shopping, The subject of consumption, The international library of Sociology
TANATAR-BARUH, Lorans,(1993), Study in Commercial Life and Practices in Istanbul at the Turn of the Century : The Textile market, I and II, BA in Economics : Boğaziçi University
UNDERHILL, P. 2004. Call of the Mall: The Geography of Shopping. Simon & Schuster.
ZOLA, Au bonheur des dames, Folio Classique

Compte rendu “De Darwin à Dersim : La République et l’anthropologie” de Zafer Toprak

"Darwin'den Dersime: Cumhuriyet ve Antropoloji"
Zafer Toprak
Année 2012
éditeur : Doğan Kitap
616 p.
ISBN : 978-605-09-0625-7

Les Turcs sont-ils brachycéphales ? À en croire l’enquête anthropométrique réalisée à la fin des années trente par Afet İnan, la fille adoptive de Mustafa Kemal Atatürk, la réponse devrait être positive. Voici un caractère phénotypique — à savoir une forme crânienne présentant un indice céphalique supérieur à 80 –, partagé par une population et saisie par la politique et le nationalisme. Nous sommes en 1937. C’est donc dans un contexte de raciologie scientifique et de racisme politique — les deux sont à différencier, même si le premier sert largement le second — que s’élabore cette mesure de la “nation turque”. De cette métrique,  Zafer Toprak nous propose une analyse détaillée qui permet l’élaboration d’une généalogie d’un racisme d’État.

Après nous avoir rappelés les sources de la raciologie scientifique du XIXème siècle, et la façon dont elle a pris pied en Turquie, notamment par l’intermédiaire d’Eugène Pittard qui dirigea le doctorat d’Afet İnan et qui fut l’ami d’Atatürk, Zafer Toprak montre comment la jeune République turque est passée, comme discours scientifique légitimateur, d’une sociologie durkheimienne à une anthropologie racialisante. Cette racialisation, dans le processus de construction nationale, s’explique par le contexte international marqué par la montée du nazisme et du fascisme qui prennent appui sur l’imaginaire de la race, construit  par l’anthropologie physique. Pour Atatürk, l’enjeu est d’abord de, littéralement, donner (un) corps à la nation, et d’en projeter l’image aux autres nations. Cette image, ce sera celle de la brachycéphalie.

Celle-ci fait l’objet d’un débat entre anthropologues physiques depuis Retzius. Zafer Toprak rappelle ici les positions racistes d’un Vacher de Lapouche pour qui le brachycéphale Homo Alpinus  serait un “parfait esclave”, cela à la différence du dolichocéphale. Or, pour ces savants occidentaux, les Anatoliens, parce que brachycéphales, appartiennent à cette race alpine ou “alp-arménienne” — pour reprendre une terminologie d’un des papes de l’anthropologie physique de cette période, George Montandon (exécuté par la Résistance à la Libération). S’étendant de la France à l’Anatolie en passant par les Balkans, cette “race” brachycéphale serait venue d’Asie en Anatolie et aurait entamé une migration vers l’Europe au Néolithique pour venir se mélanger avec des populations dolichocéphales. Ces débats et ces hypothèses sur la différence entre brachycéphalie et dolichocéphalie, ne restèrent pas limités aux laboratoires des musées. L’ouvrage de Zafer Toprak montre l’articulation étroite entre champ politique et champ scientifique. Loin d’être cantonnée à un espace neutre d’enjeu politique, la science semble avoir toute prégnance sur le politique si bien que pour prendre place sur la scène du politique, il faut d’abord répondre par celle de la science.

Or, l’Anatolie, dans ce contexte de racisme international, a un net désavantage:  les populations sont, de toute évidence, brachycéphales, donc jugées inférieures. Comment dès lors renverser le stigmate? Certains y liront, non sans raison, un discours proche du délire. J’emploierai le terme psychanalytique de “montage”.  Mustafa Kemal Atatürk s’emploie à renverser le stigmate avec ce dont il dispose, à savoir deux théories scientifiques, plus ou moins admises à l’époque: la théorie d’une migration préhistorique de brachycéphales et celle selon laquelle la révolution néolithique aurait vu le jour dans le Croissant Fertile. Dès lors, un discours alternatif à celui du nazisme s’élabore : ces brachycéphales migrants sont les créateurs et porteurs de la civilisation. On connaît la suite, celle de la mise en place de la théorie de l’histoire turque avec son corollaire, la théorie de la langue solaire. L’orchestration est rigoureuse : congrès internationaux, interventions de grands scientifiques visant à légitimer les thèses des Kémalistes, etc..;

Mais cette production d’un discours scientifique, et cela est notable, ne va pas sans une volonté d’apporter des preuves.  Il ne s’agit pas seulement de la production d’un mythe. Z.T. nous livre ici une histoire détaillée de cette grande enquête métrique impulsée par M.K.A. et dirigée par sa fille, Afet. Plus de 64000 personnes seront ainsi mesurées. À la lecture des grilles d’observation, on réalise l’immense travail que cela a dû représenter.  On se questionne aussi sur la validité des résultats, sachant que tout cela fut effectué à la main par des fonctionnaires et des personnes peu formés à la métrique (à titre de jeu, s’amuser à remplir la fiche descriptive montre combien cela n’a rien d’aisé). L’objectif était de montrer que les Anatoliens appartenaient à une seule race, qu’ils n’étaient pas de race mongoloïde mais européenne.  Z.T. insiste sur la direction donnée à ce discours : il est tourné vers l’international. Au niveau national, il remarque par exemple que les considérations racistes s’effacent. Ainsi dans les manuels où l’on demande aux élèves de mesurer leur crâne, prouvant ainsi leur bonne appartenance à la nation, il est écrit qu’aucune race ne saurait être dite supérieure aux autres. Cette unité raciale proclamée permet de construire le corps biologique de la nouvelle République. Elle permet aussi de se débarrasser d’une différence encombrante : celle des Kurdes. Brachycéphales eux aussi,  voici ces derniers fondus dans ce corps “turc”. Dès lors, toute revendication d’un ordre “culturel” se trouve délégitimée : les Kurdes sont des Turcs qui s’ignorent, puisque de race turque.  Il serait facile de voir dans ce montage seulement l’aspiration politique. Ce serait bien trop simple : Mustafa Kemal Atatürk était un homme de science, pour ne pas dire un scientiste. Quoiqu’il en soit, on doit à cette période l’émergence et l’essor de l’archéologie, de l’anthropologie et la diffusion de la théorie de l’évolution.

Une critique pourra être faite à ce propos sur le sous-titre ” du Darwinisme à Dersim”.  Est-il nécessaire de rappeler que le lien de cause à effet ne saurait être retenu facilement, comme le sous-entend ce sous-titre ? Fut-il besoin d’anthropométrie pour 1915 ? De même les bombes lâchées de l’avion de Sabiha Gökçen sur le Dersim trouvent difficilement leurs explications dans les indices céphaliques notés par sa sœur.

Pour en savoir plus…

Blanckaert Claude, 1989, “L’indice céphalique et l’ethnogénie européenne : A. Retzius, P. Broca, F. Pruner-Bey (1840-1870)”, in Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, Nouvelle Série, tome 1 fascicule 3-4. pp. 165-202.  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1989_num_1_3_2580

Copeaux Étienne, 1997, Espaces et temps de la nation turque : analyse d’une historiographie nationaliste (1931-1993), Paris, CNRS Éditions.

Ergin Murat, 2008 a, « “Is the Turk a white man ?” Towards a theoretical framework for race in the making of turkishness », Middle Eastern Studies, 44-6, p. 827-850.

Ergin Murat, 2008 b, « Biometrics and anthropometrics: the twins of Turkish modernity », Patterns of Prejudice, 42-3, p. 281-304.

Maksuduyan Nazan, 2005, Türklüğü ölçmek. Bilimkurgusal antropoloji ve türk milliyetçiliğinin ırkçı çehresi 1925-1939, Istanbul, Metis .

Szurek, Emmanuel « Connaissez-vous la théorie de la langue-soleil ? Une histoire européenne du fantasme scientifique dans la Turquie des années 1930 », Couto D., Péquignot S. (dir.), Les langues de la négociation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013 (à paraître).

Entretien avec Taha Akyol diffusé sur CNN Türk le 20 avril 2012 : https://www.youtube.com/watch?v=BV3velUYNpU

Metin Kaçan, un destin volé (1961-2013)

Dans l’Istanbul des années 1970, Ali le coiffeur tient commerce dans le quartier de Kolera (en fait une version mythifiée du quartier de Dolapdere, sur les bords de la Corne d’Or) : c’est un quartier populaire en voie de transformation, repaire de prostituées, de gangsters et de maquereaux, de réparateurs de voitures, d’homos et de transsexuels, de petits commerçants, de poètes ivrognes et musiciens Rôms, de petits-bourgeois grecs mais aussi d’ islamistes purs et durs. La rue se transforme en théâtre où la débauche est synonyme de liberté, rythmée par la musique et les plaisirs de la vie.

Les deux fils du coiffeur intègrent assez vite le code de la rue : alors que Redjo se réfugie sans tarder dans le monde de la BD, Salih le Chieur se sent de la trempe des voyous légendaires du quartier, les surineurs d’antan qui occupaient une place enviable dans la hiérarchie sociale locale. Après que le dernier bandit d’honneur, Sado l’Arabe, se soit fait descendre par les nouveaux requins de la mafia qui s’est mise en tête de contrôler le quartier, le Chieur s’impose comme le rocker mythique seul capable de “tenir” la rue. C’est alors que se produisent plusieurs meurtres inexpliqués (les victimes sont retrouvées la gorge transpercée par une broche à kebab) jusqu’a ce que ce soit le tour de Zehra la Panthère, découpée en morceaux. Le Chieur met un point d’honneur à éclaircir ce mystère et traque le serial killer. Mais c’est lui qui est capturé par la police puis torturé et incarcéré ; lorsqu’il sort de prison, il trouve sa bien-aimée… dans les bras d’un autre. Il préfère alors se suicider.

Difficile d’oublier le petit monde de Ağır Roman (mot à mot : “un air tzigane lent”), ce texte qui révolutionne le récit turc du début des années 1990 et dont on est encore à digérer les suites et les effets C’est une des voix les plus singulières du roman turc : il aborde la vie d’un ancien quartier grec occupé par de nouveaux arrivants, Tziganes et ruraux d’Anatolie, avec un regard inspiré par la littérature latino-américaine et le ton grinçant d’un Charles Bukowski. C’est surtout la richesse de sa création linguistique qui place cette œuvre à part : une langue violente et chargée de poésie où se mêlent l’argot, les formules en rôm et en grec et reflète la puissance tragique d’expression des exclus. Ce récit incarne aussi la réalité d’une littérature Underground où se disent les angoisses d’une jeunesse hésitant entre crime et idéalisme, où le sexe et la drogue occupent le premier plan. C’est un des auteurs majeurs des mutations sauvages que connaît la mégapole d’Istanbul.

Metin Kaçan est né en 1961 à Kayseri, il vient très jeune à Istanbul. Après une enfance passée à Dolapdere et Tarlabaşı, il quitte l’école assez tôt et exerce toutes sortes de métiers. Il entre en littérature comme scénariste de BD, publie des nouvelles jusqu’à ce que son premier roman le révèle. Il travaille ensuite dans l’édition puis, après plusieurs séjours en prison, collabore à la télévision dans la production (qu’il n’aime guère !) des sirupeuses dizi que le public réclame. Les fois où nous nous rencontrons, il continue d’aborder ses sujets préférés : les jeunes Tinerci (sniffeurs de colle) et leur destin actuel (déporté vers les quartiers périphériques), ses lectures étirées entre Hüseyin Rahmi Gürpinar et les auteurs latino-américains qui lui ont permis de se libérer de nombreux carcans littéraires et linguistiques. Il a aussi ses doléances : le manque de confiance dans ses interlocuteurs, éditeurs ou producteurs de films, le souvenir cuisant de l’adaptation cinématographique de son premier roman et ses suites financières. Finalement, après un succès d’estime, les problèmes d’argent restent entiers et sa vie semble suspendue… Il entretient des relations ambigües avec le monde littéraire, et ses rares amis sont le poète Adnan Özer avec lequel il envisage un long périple en Amérique du Sud – en Colombie – et la romancière Aslı Erdoğan

Mais Metin a changé : physiquement, il conserve un visage assez juvénile sur un corps qui s’empâte et avoue au détour de la conversation avoir du mal à terminer le roman sur lequel il travaille depuis plusieurs années. Une des dernières fois où je l’ai vu, en 2011, il m’a donné le magazine Hara-Kiri auquel il collaborait : y figure le texte “ Bilincin Halleri”, très sombre, pessimiste tandis que sur la couverture, Metin figure en pirate, un bandeau noir sur l’œil ! Nous avons bu un verre sur la terrasse du Kaktüs et parlé de son roman à paraître en français, de la suite à donner : je lui suggère de réaliser un reportage avec un photographe sur son quartier d’origine afin de lancer le livre. Je perçois que le côté sombre de son destin pèse de plus en plus lourd : entre 1995 et 2005, il connaît la prison, de longues périodes d’isolement en Anatolie, l’alcool, les drogues et il ne parvient pas à refouler ce sentiment d’être négligé voire exploité par son public.

Et puis tombe la nouvelle, début janvier de son suicide. Prenant tout le monde au dépourvu, dernier geste tragi-comique pour cette figure de l’avant-garde littéraire qui prend congé d’un monde qui ne l’a pas très bien traité.

Je garde malgré tout un souvenir joyeux de Metin Kaçan : le 11 octobre 2009, invité par Les Littorales à Marseille, il débarque avec Aslı Erdoğan et Demir Özlü… Première sortie de Turquie pour Metin qui se régale de la grande ville méditerranéenne et trouve un auditoire conquis lors de la présentation. On projette un extrait du film de Mustafa Altıokar et l’auteur se laisse interviewer par Pascal Jourdanna : il s’amuse, ponctue son récit de blagues, fait des gestes éloquents, s’agite sur sa chaise et le public ne s’y trompe pas. On découvre un drôle d’oiseau qui sait parler de littérature…. Cela restera comme un moment privilégié, plein de drôlerie et un peu déjanté ! Tout à fait dans son genre.

Bibliographie :

Ağır Roman ( Tzigane Blues, 1990), 16 éditions. Adapté au cinéma (1997) puis en opéra et au théâtre en 2002.

Istedikleri Yere Gidenler ( Ceux qui vont où ils veulent, 1992) Roman graphique sur les enfants sniffeurs de colle de Beyoğlu. Violent, lyrique et érotique, le livre a été interdit.

Fındık Sekiz (Noisette n° 8, 1997), 5 éditions.

Harman Kaplan (Le Tigre qui plane, 1999), 4 éditions.

Adalara Vapur (Un Bateau pour les îles, 2002), 2 éditions.

Recueil d’essais critiques sur l’auteur :

Cervantes’in Yeğeni (Le Neveu de Cervantes), Can Yay., 2006.

Traductions en français :

“ Les Lèvres de la nuit “ (nouvelle), Siècle 21 n° 7, 2005. Repris dans Istanbul, Robert Laffont, 2010

“ Rue de Kolera “ (extrait du roman Tzigane Blues), Siècle 21 n° 8, 2006.

Tzigane Blues, à paraître chez Actes Sud en 2013.

Call for papers / Makale Çağrısı

Istanbul 29 Mayıs University is pleased to announce and invite you to the first International Conference on “Istanbul during the Ottoman Period”. The conference will take place at Istanbul 29 Mayıs University, on May 28th and 31th, 2013. The aim is to explore and trace the historical, social, cultural and economic developments that led to the growth of an Ottoman Istanbul. A nexus of multiple cultures, rules and economies, Istanbul, had and still has a pivotal role within academic research projects, and in this “Ottoman Istanbul” meeting we hope to gather scholars working on the city for interdisciplinary contributions and discussions. We are also pleased to announce that we will be providing accommodation and travel costs.
Your participation and contributions would be very much appreciated. In order to organise the details of the conference, we would like to urge you to inform us of your decision at the latest February 11. (your understanding is much appreciated).
Please submit a 250 word abstract by April 1, to the organizing committee. (osmanliistanbulu@29mayis.edu.tr). The abstract should include your name, institutional affiliation, as well as any audio-visual requirements for the presentation.
Finally, we are going to publish contributions in a volume with a small amount of copyright. Each contribution should be submitted to the committee during the conference edited in its final form, including endnotes and bibliography. Submissions should follow Chicago formatting style, in 12-point font, double-spaced.
Papers might consider, but are not limited to, the following sub-themes:
  • Conquest of Istanbul
  • The importance of Istanbul for the Turkish-Islamic World
  • The stance of the city within World History
  • The role of Fatih Sultan Mehmed during the formative years of Istanbul
  • Physical and topographical development of Ottoman Istanbul
  • Istanbul as a multi-cultural city and meeting point of civilizations
  • Istanbul as a big metropolis
  • Istanbul as the center and the capital of the Ottoman Empire
  • City governments and historic and cultural heritage conservation
  • Town planning, architecture and art of Istanbul
  • Social structure, ethnic and confessional communities
  • Science, learning and literature in the Ottoman Istanbul
  • Economic conditions and commercial activities of Ottoman Istanbul
  • Urban Archeology of the Ottoman period
  • The ancient heritage in Istanbul through the eyes of the Ottomans
All up to date information on the conference can be found on the conference website http://osmanliistanbulu.29mayis.edu.tr/
Prof. Dr. Feridun Emecen
Istanbul 29 Mayıs University
Dean of the Faculty of Arts (Humanities)
Tel: (0216) 474 08 60
Fax: (0216) 474 08 74

İstanbul 29 Mayıs Üniversitesi, 29-31 Mayıs tarihleri arasında İstanbul şehrinin Osmanlı İmparatorluğu dönemi hakkında uluslarası bir sempozyum düzenleyecektir. Bu sempozyumun amacı Osmanlı İstanbulunun tarihî, sosyal, kültürel ve ekonomik gelişmesine ışık tutmak ve hangi şartlarda bir Osmanlı şehrine dönüştüğünü tespit etmektir. Bugün bir dünya metropolü hâline gelen İstanbul üzerine çalışan araştırmacıları bir araya getirip disiplinlerarası bir tartışma ve paylaşım zemini sunacağını düşündüğümüz “Uluslararası Osmanlı İstanbulu‒I Sempozyumu”na siz değerli meslektaşımızın da bir bildiriyle katılmasını ümit etmekteyiz. Sempozyuma bildiri ile katılacakların yol ve konaklama giderleri karşılanacaktır.
Toplantıya katılım konusundaki kararınızı en geç 11 Şubat 2013 tarihine kadar bildirmeniz program organizasyonumuz açısından son derece önemlidir. 250 kelimelik bildiri özeti ise 1 Nisan 2013 tarihine kadar, istanbulsempozyum@29mayis.edu.tradresine ulaştırılmalıdır. Bildiri özetlerinde, adınız ve bağlantılı olduğunuz kurumun adı yer almalı; sunum sırasında ihtiyaç duyabileceğiniz ses ve görüntü cihazları da belirtilmelidir.
Bildiriler kitap olarak basılacak, yazarlarına telif ücreti de ödenecektir. Bildiri metinleri, Chicago referans sitilinde, 12 puntoda ve çift aralıklı yazılmalı ve sempozyum sırasında bilim kuruluna yayımlanabilir bir nüsha hâlinde sunulmalıdır. Toplantıların konu başlıkları aşağıdaki gibidir:
  • İstanbul’un fethi
  • İstanbul’un Türk-İslam dünyası açısından önemi
  • İstanbul’un dünya tarihi açısından önemi
  • Fatih Sultan Mehmed’in İstanbul’un gelişimindeki rolü
  • Osmanlı İstanbul’unun fiziki gelişimi ve topografyası
  • Çok Kültürlülük ve medeniyetlerin buluşma noktası olarak İstanbul
  • İstanbul’un büyük bir metropol olarak dünya tarihindeki yeri
  • Osmanlı İmparatorluk merkezi olarak payitaht İstanbul’u
  • Belediyecilik ve şehrin kültürel mirasının korunması
  • İmarı, mimarisi ve sanatsal eserleri.
  • Sosyal yapı, etnik ve dini gruplar
  • Osmanlı İstanbulu’nda ilim, sanat ve edebiyat
  • Osmanlı İstanbulu’nda ekonomik durum ve ticari faaliyetler
  • Kent arkeolojisi
  • Osmanlı İstanbulu’nda antik tarih mirasın değerlendirilmesi
Prof. Dr. Feridun Emecen
İstanbul 29 Mayis University
Edebiyat Fakültesi Dekanı
TEL: (0216) 474 08 60
FAX: (0216) 474 08 74

Compte rendu “Regards phocéens de Félix Sartiaux” / Kitap tanıtımı “Felix Sartiaux’nun Foçalı bakış açısı”

Les minutieuses éditions Kallimages (Paris) viennent de publier un deuxième ouvrage signé Haridis Yiakoumis Nikolaos Chorbos à partir des archives photographiques de l’ingénieur-archéologue Félix Sartiaux (1876-1944), propriété du collectionneur Pierre de Gigord. Sartiaux a travaillé à Phocée/Foça entre 1913 et 1920 et fut donc le témoin d’une époque pour le moins troublée. Il a notamment été le témoin direct d’un terrible épisode encore méconnu du plan d’ingénierie démographique des Unionistes, à savoir l’expulsion violente des Grecs de Phocée survenue en juin 1914. Il est l’auteur de Le sac de Phocée et l’expulsion des Grecs Ottomans de l’Asie mineure, ouvrage publié à chaud fin juin 1914.

Le premier ouvrage sur Phocée au début du XXème, publié chez Kallimages en 2010, portait le titre de Phocée 1913-1920. Le témoignage de Félix Sartiaux. Outre l’intérêt archéologique de ce second ouvrage, les photographies de Sartiaux permettent de restituer avec précision toute une micro-société égéenne du début du siècle dernier à jamais disparue. Espérons que ces publications seront l’occasion d’un travail collectif de mémoire, à l’approche du centenaire de ces événements.


Titizliğiyle bilinen Paris’teki Kallimages yayınları Haridis Yiakoumis Nikolas Chorbos imzalı ikinci bir kitap yayımladı. Söz konusu kitap, arkeolog mühendis Felix Sartiaux’nun (1876-1944) fotoğraf arşivinden yola çıkılarak oluşturulmuş. Günümüzde bu arşiv, koleksiyoncu Pierre de Gigord’un mülküdür. Sartiaux, 1913-1920 yılları arasında Foça’da çalışmış ve haliyle karanlık bir dönemin şahitlik etmişti. Özellikle, Haziran 1914’te patlak veren ve halen pek bilinmeyen İttihat ve Terakkicilerin kurguladığı nüfus planı çerçevesinde Foçalı Rumların şiddetli bir şekilde şehirden atılmalarına bizzat tanık olmuştu. Olayın hemen akabinde, 1914 haziranının sonunda “Foça’nın yağmalanması ve Osmanlı Rumları’nın Ön Asya’dan kovulması” (Le sac de Phocée et l’expulsion des Grecs Otttomans de l’Asie Mineure) adlı eseri yazmıştı.

2010’da Kallimages tarafından yayımlanmış, 20.yüzyılın başında Foça konulu ilk kitabı Foça 1913-1920. Tanık Félix Sartiaux. (Phocée 1913-1920. Le témoignage de Félix Sartiaux) ismini taşır. İkinci kitabın arkeolojik faydasının yanı sıra, buradaki Sartiaux’nun fotoğrafları, geçen yüzyıl başında sonsuza dek yok olmuş Egeli bir mikro-toplumu ayrıntısıyla geri kazandırma imkânını yaratıyor. Umarız bu yayınlar sözkonusu olayların 100. yıldönümü yaklaşırken ortak bir bellek oluşturma fırsatı verir.

Parutions décembre 2012/janvier 2013 : Histoire ottomane et de la jeune république

Chez Kaynak est sorti en janvier la réédition du livre de Hüner Tuncer Metternich’in Osmanlı Politikası 1815-1848 [La politique ottomane de Metternich] (192p.) Il s’agit d’une courte monographie sur la politique de la monarchie des Habsbourg vis-à-vis de l’Empire ottoman basée sur des documents d’archives autrichiennes et fait état de la Question d’Orient dans la première moitié du XIXe siècle.

İsmail Dervişoğlu a préparé pour l’édition en turc moderne chez Kitabevi les écrits de l’ambassadeur ottoman à Paris de la Belle Époque Münir Paşa Geçmiş Zamanlar. Sultan 2. Abdülhamid’in Paris Sefir-i Kebirinin Diplomasi Yazıları ve Hatıraları [Salih Münir Çorlu : Les temps passés. Les écrits diplomatiques et mémoires de l’ambassadeur du sultan Abdülhamid II à Paris.] (767p.).

En décembre, Birzamanlar Yayıncılık a sorti la traduction turque du livre arménien sur l’histoire de l’imprimerie arménienne Dib u Dar de Teotig Baskı ve Harf. Ermeni Matbaacılık Tarihi [L’imprimé et la lettre. Histoire de l’imprimerie arménienne]. Le livre a été publié en 1912 à l’occasion de l’anniversaire de l’invention de l’alphabet arménien en 512 et celui de la première imprimerie arménienne de 1512 et présente une étude sur l’impact de l’imprimerie arménienne dans l’Empire ottoman et au-delà.

Chez Doğan Kitap est paru en décembre Türkiye’de Milli İktisat 1908-1918 [L’économie nationale en Turquie 1908-1918] de Zafer Toprak (800p). Il s’agit d’une réédition augmentée du livre classique de l’auteur sur la politique économique de l’État ottoman dans les années 1910 à l’occasion du vingtième anniversaire de sa première parution qui présente à cette occasion aussi un essai sur l’évolution de l’histoire économique de l’Empire ottoman.

En décembre, un livre de Hakan Erdem, Gerçek İle Kurmaca Arasında Torosyan’ın Acayip Hikayesi [L’étrange histoire de Torosyan entre vérité et fiction] (Doğan, 400p.), est revenu sur le parcours de Sarkis Torosyan, un officier arménien de l’armée ottomane pendant la Première Guerre mondiale. Le livre se situe par rapport à la republication de ses mémoires de 1948 en août 2012 par Ayhan Aktar (İletişim) et met en doute la véracité de son récit.

Sel Yayıncılık a publié en décembre le livre de Hamit Erdem Osmanlı Sosyalist Fırkası ve İştirakçı Hilmi [Le Parti Socialiste Ottoman et Hilmi du journal İştirak] (342p). L’étude porte sur le Parti Socialiste Ottoman (Osmanlı Sosyalist Fırkası, 1910) et le Parti Socialiste de Turquie (Türkiye Sosyalist Fırkası, 1919) à travers son fondateur Hilmi, rédacteur en chef du journal İştirak.

En janvier, İletişim a publié un livre d’Emel Akal İştirakiyuncular, Komünistler ve Paşa Hazretleri [Les socialistes, les communistes et le Paşa] (559p.). Le livre donne un récit sur les rapports entre les socialistes turcs, les bolcheviques et le mouvement kémaliste, en se concentrant principalement sur les années 1920 et 1921.

Le livre de Metin Çınar Anadoluculuk ve Tek Parti CHP’de Sağ Kanat [L’idéologie de l’anatolisme et l’aile droite du parti unique CHP] (293p.) publié en janvier chez İletişim, suit le développement de l’idéologie anatoliste principalement à travers l’étude des écrits de trois protagonistes du courant. Il analyse comment cette pensée, relativement marginale dans les premières années de la République, s’est établie au cours des années 1920 et 1930 comme une pensée cohérente marquant le parti au pouvoir.


Du régime unique national de production patrimoniale au régime néolibéral, conservateur et partiellement « pluriel » : la Turquie à l’épreuve de la transition patrimoniale

Le Parti de la Justice et du Développement (AKP), vainqueur sans conteste, pour la troisième fois, aux élections législatives de juin 2011, a fait sa campagne à la télévision sur le thème de la mosaïque. La mosaïque en Turquie, c’est l’image de la diversité positive, à exalter et protéger. En outre, l’AKP se qualifie de “parti conservateur”, garant de valeurs matérielles et immatérielles communes qui permettent de cimenter la communauté nationale. La conservation, offrant aux citoyens des objets cohérents d’identification, est donc un nouvel enjeu central pour l’AKP, quitte à fabriquer ex nihilo du patrimoine. Enfin, en tant que parti résolument libéral (au sens économique), l’AKP est tenté de vendre les biens publics, de les transformer en produits touristiques ou en supports de marques alimentant le marketing urbain tous azimuts. Le pays vit donc depuis l’arrivée de l’AKP au pouvoir (novembre 2002) une transition patrimoniale intéressante à observer, en n’oubliant pas que le terme “patrimoine” n’a pas d’équivalent strict dans la langue turque (les hésitations du vocabulaire pouvant renvoyer aux fluctuations des politiques).

I) Le contexte de la redéfinition du régime de gouvernance patrimoniale ces dernières années

On rappelle ici l’importance de l’impératif touristique et développementaliste (A), l’émergence de pouvoirs locaux en demeure de promouvoir les qualités spécifiques de leur territoire (B), les changements sociétaux à l’origine d’un nouveau rapport au territoire (urbanisation et essor d’une nouvelle classe moyenne, scolarisation, élévation du niveau d’éducation, crise de l’agriculture… ) (C), les mobilités et migrations ayant induit de nouvelles sollicitations identitaires (D), les crises et défis environnementaux (E) et enfin les ouvertures politiques sur le terrain de l’expression des identités (F). Ces dernières expliquent le régime de tolérance (surveillée) qui semble prévaloir face aux productions patrimoniales alternatives des municipalités kurdes de l’est du pays.

II) La mise en place d’un autre régime de gouvernance : autres acteurs, autres normes, autres pratiques

On évoque ici le rôle des associations et fondations locales et nationales (A), la participation parfois déterminante du secteur privé (avec l’exemple de l’invention de la méditerranéi turque par une fondation liée au holding KOÇ) (B), les acteurs internationaux et leurs modes d’articulation aux acteurs locaux (C), les autres normes promues (diversité, universalité, durabilité et participation) (D) et enfin les nouvelles pratiques de gouvernance patrimoniale (inventaire, expertise,  « projet »… ) (E).

III) Les modalités de résistance de l’ancien régime et les ambiguïtés du nouveau

On note une grande inertie des récits historiques nationaux qui servent de trame immuable à la mise en séquence historique des objets patrimoniaux, à la seule différence que désormais le moment ottoman est beaucoup plus nettement mis en valeur (A), une obsession persistante de la question de l’autochtonie et de la légitimité (B), une tendance à dédoubler la production patrimoniale entre une production interne (jouant sur le nous excluant) et une production à usage externe (pour les touristes étrangers) qui mobilise des registres internationaux (C), ainsi qu’une difficulté à refondre les liens au passé après tant de traumatismes et de phases d’amnésie organisée (D). L’exemple de l’impossibilité d’ouvrir un lieu de mémoire accepté et acceptable sur le site de la catastrophe de Sivas (mort par incendie volontaire de 37 Alévis le 2 juillet 1993) est convoqué. L’option « communautariste » de la gouvernance patrimoniale, produit du pluralisme identitaire désormais cultivé, a donc des limites encore nettes.

En conclusion on s’intéresse à la fabrique ex-nihilo du patrimoine, accompagnée de tentatives de réécrire les histoires urbaines locales, à Kayseri ou Konya.

Tarihin Kamusal Alanda Kullanımı

Version française

Şubat 2013

fetih-1453-1356526678Çevremiz, tarihçilerin bilimsel çalışmalarını da aşan şekilde tarihe göndermelerle doludur. Tarih, bu göndermeler aracılığıyla da üreyip yeniden çoğalmaktadır. Tarihin kamusal alanda kullanımı, Türkiye’de haliyle tartışmalara sahne olmakla beraber, bu konu etrafında şekillenen tepki, tartışma ve düşünceler sadece tabii ki Türkiye’ye has bir durum sergilememektedir.

Son dönemlerde Muhteşem Yüzyıl adlı televizyon dizisinin Türkiye’de yarattığı tartışmalar,  geçmişin kamusal alanda dolaşım, yeniden üretim ve kullanımı sorularını daha görünür kılmıştır. Altını çizmemiz gerekir ki tarihin kamusal alanda dolaşımına tek etken, televizyon ya da sinema yapımları tabii ki değildir. Geçmişin kullanılışı ya da belli bir tasvirinin oluşturulması türlü mekan ve tabakaların bir araya gelmesiyle ortaya çıkmaktadır.   

Kuşkusuz medya, sinema ve televizyon son derece revaçta. Geçen yıl Fetih 1453 filminin vizyona girmesinin yarattığı yankı da yine aynı duruma işaret etmektedir. 

Bu ayın vitrininde, geçmişin kamusal kullanımındaki alan ve katman çeşitliliğini yansıtmaya özen gösteriyoruz. Sinema ve televizyon yapımcılığının ötesinde, mimarlık ve kent mekanlarının planlanmasıyla da bir hayli ilgileniyoruz. Bu kullanımlar uzayıp gider çünkü tarihe göndermelerin görünürlüğü sadece tanınan ve tepki uyandıran kapsamlı projeleri içermemektedir -ki bu kentsel projeler arasında belli başlı şunları sayabiliriz : Taksim Meydanı’na bir Osmanlı kışlasınının yeniden inşası, ayrıca, İstiklal Caddesi’ndeki Demirören alışveriş merkezi restorasyonu ya da Çamlıca Tepesi’nde yeni bir cami inşası-. Bu türden kapsamlı projeler bir yana, geçmişe gönderme şu örneklerde de görülebilir : Eminönü’nde Osmanlı döneminin ünlü kişilerinin ismini yeniden yaşattırma amacıyla iskelelerin adlarının değiştirilmesi (Evliya Çelebi İskelesi). Aynı şekilde, eski dönem seyyar satıcı figürünün Osmanlı dönemi kostümleriyle Eminönü Meydanı’nda yeniden ortaya çıkması da yine aynı olguya işaret etmektedir.

Geçmişin kamusal alanda kullanımı müzecilik, tarih kitapları aracılığıyla eğitim, anma törenleri, kent mekanlardaki heykellerde işlenmektedir. Ayrıca bu kullanım daha az göze çarpan ortamlarda da gözlemlenebilir, örneğin lokantacılık, gıda, moda ve yeni hatıra eşyalarının ortaya çıkması gibi.

Geçmişin kamusal kullanımı çok çeşitli alanlarda karşımıza çıkmakta ve öne çıkarılan eskinin yansıma ve simgeleri de zenginlik göstermektedir. Son dönemlerde, Türkiye’deki bu uygulamalar üzerine ortaya çıkan tartışmalar bir yeni Osmanlıcılık eğilimini akla getirip çoğunlukla doğrudan siyasi güçlere dayandırılsa bile, kamusal alanda sunulan bir sürü geçmiş olduğunu hatırlatmakta fayda vardır.

Bu ayın vitrini konu hakkındaki düşüncelerimizi üç farklı açıdan işlemektedir.

  1. açı, geçmişin kamusal kullanımının gözlemlendiği alanların çeşitliliğini yansıtmayı (film, roman, kentsel planlamalar, günlük eşyaların yayılması, gıda vs…) amaçlar.
  2. açı, sadece Türkiye’ye özgün olmayan alan çalışmalarıyla, geçmişin kamusal alanda kullanılışını örneklendirmeye odaklanır.
  3. açı, geçmişin kullanımının yorumlanmasına yardımcı olacağına inandığımız birtakım kavramsal metinleri sunar.

Bu vitrin, detaylı bir döküm yapmanın ötesinde, geçmişin kamusal alanda kullanımını mercek altına almayı ve onu yalnızca tepeden inmeci olduğunu savunan bakış açısından kurtarmayı amaçlıyor. Çünkü geçmişin kamusal alanda kullanımı, her toplum ve her dönemde söz konusudur ve de bunun sadece tepeden inmeci bir durum olduğunu düşünen basit bir siyasi duruş da küçültücü olur. Burada aynı zamanda ilgimizi çeken kamusal alandaki geçmişin algılanma yolları ve bu konuda üretilen söylemler. Çünkü geçmişin  kamusal alanda, doğru ya da yanlış şekilde dolaşması, bizlere herşeyden önce zamanı nasıl algıladığımız ve de zaman ve mekan içinde varoluşumuza yüklediğimiz anlama şüphesiz işaret eder.

Konuyla ilgili aşağıdaki siteler de ziyaret edilebilir:

http://ehess.dynamiques.fr/usagespublicsdupasse/
http://cvuh.blogspot.com/

Seçilen kitapların listesi :

Robert Stradling, 20. Yüzyıl Avrupa Tarihi Nasıl Öğretilmeli, Istanbul, Tarih Vakfı, 2003
Büşra Ersanlı, İktidar ve Tarih. Türkiye’de ‘Resmî Tarih’ Tezinin Oluşumu (1929-1937), Istanbul, İletişim, 1996
Etienne Copeaux, Tarih ders kitaplınrda (1931-1993), Türk Tarih Tezinden Türk-Islam Sentezine, Istanbul, Tarih Vakfı, 1998
Israel Gershoni, Amy Singer, Y. Hakan Erdem, Middle East Historiographies Narrating the twentieth century, London,University of Washington Press, 2006
Dominique Chansel, Beyaz Perdeki Avrupa Tarih üğretimi ve Sinema, Istanbul, Tarih vakfı, 2003
Cüneyt Kanat, Tarihin Medya ile İmtihanı, Tarih, Medya ve Kurgu, Istanbul, Yeditepe, 2012
‘Tarih ve Roman İlişki Üzerine’ Tarih ve Toplum, aylık ansiklopedik dergi, 33.
Esra Özyürek, Nostalgia for the Modern, State Secularism and Everyday Politics in Turkey, London, Duke University Press, 2006
Yael Navaro-Yashin, Faces of the State, Princeton, Princeton University Press, 2002
Deniz Göktürk, Levent Sosyal, Ipek Türeli, Orienting Istanbul, London, Routledge, 2010
Eric Hosbawm, Terence Ranger, The invention of Tradition, Cambridge, Canto, 1992
Maurice Halbwachs, La mémoire collective, Paris, Albin Michel, 1950
Christian Delacroix, François Dosse, Patrick Garcia, Historicités, Paris, La découverte, 2009
François Hartog, Régimes d’historicité, présentisme et expériences du temps, Paris, Le Seuil, 2003
Marc Ferro, Les tabous de l’Histoire, Paris, Nil, 2002

Makaleler :

Dominique Damamme, Marie-Claire Lavabre, ‘Les historiens dans l’espace public’, Sociétés contemporaines, numéro 39, 2000
Tessa Morris Suzuki, The past within us : Media, Memory, History’ Verso, London-New-York, 2005

Basında çıkan makaleler :

Cüneyt Kanat : Tarih, Medya ve Kurgu, Birikim 23/02/2011
John Peet : The trouble with ottomania, The Economist 22/11/2010/
Suna Çağaptay, Soner Çağaptay, Ottomania all the rage in Turkey, Todays zaman 01/04/2012
Pascal Lorot : Ottomania, dans le feu l’Empire ottoman, Le nouvel Economiste 30/03/2010

Detaylı bilgi için: Tarih Diyarında Kültür Vadisi (Zeytinburnu)